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  • Fiscalité de la Camargue, ce régime spécial

    Ah, les droits de douane. Une absurdité que les macro-économistes dénoncent depuis des décennies, mais qui subsistent toujours à notre époque, et particulièrement en France. Un séminaire récent sur le sujet m'a donné envie de vous donner la réponse à cette question fascinante : pourquoi cette aberration est-elle encore à l'oeuvre aujourd'hui ? Il faut comprendre que lorsqu'un tarif douanier est appliqué à un produit particulier, c'est pour maintenir une industrie déterminée. Il est relativement facile aux entreprises et aux producteurs d'une branche de se rassembler pour procéder à des pressions politiques organisées, parce qu'ils peuvent tous se mettre d'accord sur le fait que l'enjeu est considérable pour leur succès, à court terme du moins. Malheureusement, à compter du moment où un droit de douane est imposé, son coût, qui prend l'aspect d'une hausse des prix pour les acheteurs, est subi en définitive par un groupe de personnes beaucoup plus important, dont les membres ont bien plus de mal à s'organiser au plan politique pour faire entendre leur voix. Il s'ensuit que les politiciens satisfont davantage ces groupes nettement organisés qui donnent de la voix pour perpétuer l'imposition des tarifs douaniers. Et ils les satisfont d'autant plus facilement si leur concentration dans une région peut avoir une incidence sur le résultat des élections futures. Si l'aide du gouvernement pourrait prendre la forme de subventions, force est de constater que c'est le droit de douane qui est le plus souvent choisi. Cela tient d'abord à ce que si l'industrie automobile nationale pâtit des importations de voitures japonaises, il semble plus commode d'instituer une action qui heurtera directement les autres constructeurs. Dans l'autre cas, l'État devrait s'appuyer sur les impôts pour financer les subventions. Un droit de douane est bien souvent plus commode à constituer politiquement, non seulement parce qu'il paraît cibler les concurrents, mais aussi parce qu'il semble élever les recettes nationales. Une subvention paraît à l'opposé amaigrir celles-ci. Bien que nous sachions qu'un tarif douanier frappe clairement les consommateurs en haussant le tarif du bien visé à l'intérieur du pays, l'homme politique applique les droits de douane tout simplement parce qu'ils délivrent moins de tourments politiques au gouvernement. Pour en savoir davantage, je vous recommande la lecture du blog sur l'organisation de séminaire en Camargue qui est très bien fait sur ce sujet.

  • Industrie et information

    Un sondage Ifop, réalisé en 2013 sur « Les jeunes et les métiers de l’industrie » auprès d’un échantillon de personnes, représentatif de la population française âgée de 15 à 25 ans, est très intéressant. Soixante-sept pour cent des sondé.e.s s’estiment assez mal ou très mal informé.e.s des métiers dans l’industrie - derrière ceux du secteur agricole à 74 %. 48 % des jeunes interrogé.e.s jugent attirant d’exercer un métier dans l’industrie, mais ils.elles sont une large majorité à trouver globalement plus attirants, ceux des services (72 %) et de la fonction publique (63 %). Cinquante-quatre pour cent indiquent ne pas souhaiter travailler dans l’industrie. Ces résultats peuvent s’expliquer par les représentations associées aux métiers de l’industrie chez les sondé.e.s. « Les mots associés aux métiers de l’industrie par les jeunes révèlent des résultats plutôt ambivalents. D’un côté, des termes très positifs comme « l’exportation » (84 %), la « haute technicité » (80 %), « l’innovation » et la « qualification » (respectivement 75 % et 68 %) sont massivement liés à ce secteur, preuve que les jeunes d’aujourd’hui ont conscience des forces de l’industrie nationale. De l’autre, on remarque que certains clichés sur l’usine ont la vie dure puisque les mots-clés « travail à la chaîne » (85 %), « pénibilité » (81 %), « saleté » (55 %) et « déclin » (51 %) sont également largement associés à l’industrie. Enfin, à la lumière des résultats pour les termes « camaraderie » (53 %) et « fierté » (46 %), on peut affirmer que le travail dans l’industrie conserve une certaine image sociale (l’usine vue comme un lieu de socialisation et de valorisation personnelle), et ce auprès de près de la moitié des jeunes Français.e.s. » Très significatifs également sont les résultats de l’enquête concernant la connaissance des filières : 71 % des jeunes se disent mal informé.e.s, 29 %, bien. Cinquante-six pour cent d’entre eux.elles souhaiteraient l’être mieux