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  • Faire son parfum

    Un parfum unique, qui vous représente vous et vous seul, et que personne d'autre ne portera jamais : ça vous tente ? Dans ce cas, sachez que c'est possible. La preuve : je m'en suis créé un, et lui ai même donné un nom. J'ai réalisé ce parfum au cours d'un atelier de création de parfum, auquel j'ai assisté près de Nice. Un cours surprenant que m'avait offert un ami, il y a déjà quelques mois. L'atelier était composé de 7 participants. Nous avons été reçus par le maître parfumeur et animateur, qui allait nous servir de guide au cours de l'atelier. Il nous a présensté l'orgue à parfum sur lequel nous allons travailler. N'allez pas imaginer un piano : il s'agit tout simplement d'un meuble à étagères, rempli de plus d'une centaine de flacons (des "notes"). La première partie de cette initiation était théorique : le parfumeur nous a présenté les principales familles olfactives, la large gammes de matières employées, les notes de fond, de coeur, et de tête... Puis nous nous sommes lancés dans la pratique, et avons créé nos premiers accords ! Accord, note, orgue : oui, l'univers de la parfumerie emprunte beaucoup au monde de la musique. Si la comparaison semble un peu prétentieuse au début, on comprend rapidement que composer un parfum réussi peut être aussi compliqué qu'écrire une symphonie. Pour composer notre parfum unique by ourselves, nous avons utilisé la pyramide olfactive que nous avions étudié, avec ses notes de fond (les fragrances les plus tenaces, qui restent longtemps sur la peau), ses notes de coeur (celles qui donnent au parfum son identité), et ses notes de tête (celles qui sont les plus volatiles mais sont les premières à être perçues). Chaque participant poursuivait ses propres objectifs. Certains voulaient imiter un parfum existant, quand d'autres s'orientaient vers une création nouvelle. Certains recherchaient un parfum épicé, ou sucré, délicat ou puissant, floral ou boisé... Pour nous aider, le maître parfumeur passait parmi nous pour évaluer nos créations et nous prodiguer ses conseils. Non, cet accord-là allait nuire à la note de coeur ; oui, cette fragrance-là était très délicate, mais attention à ne pas la noyer avec la vanille... Si vous vous imaginez que la conception d' un parfum est facile, vous risquez d'être surpris si vous essayez un jour ! La comparaison avec la musique est assez juste. S'il est facile de réaliser une mixture écoeurante, il est beaucoup moins évident d'obtenir un parfum équilibré et complexe. Le nez travaille tellement pendant l'heure qu'il faut parfois faire une pause. Au bout d'un moment, on finit par ne plus distinguer les fragrances ! Puis, après avoir multiplié nos quantités pour obtenir un flacon de 100 millilitres, nous avons choisi un nom pour notre création, et je suis rentré chez moi avec ma création originale sous le bras. Une expérience épatante et qui laisse un souvenir (olfactif) résolument unique ! La seule chose que je ne vous dirai pas, c'est le nom de mon parfum. Comme je n'ai pas vraiment eu le temps, au cours de l'atelier, de réfléchir au nom de ma future création, j'ai dû en donner un au hasard à la toute fin. Le titre du film que j'avais vu la veille. Non, je ne vous dirai pas de quel film il s'agissait. -_-' Ca m'agace toujours, lorsqu'on me fait remarquer que je porte le même parfum qu'un tel ou tel autre. Quelle que soit la marque choisie, il s'en trouve toujours un autre pour la porter aussi. Mais désormais, j'ai définitivement résolu le problème : je porte un parfum unique, qui me correspond à moi seul, et dont je suis le seul propriétaire. Je ne suis pas maître parfumeur. J'ai élaboré cette fragrance unique dans le cadre d'un atelier de parfum, qui s'est déroulé le mois dernier. A notre arrivée, nous avons été reçus par un maître parfumeur, qui allait nous guider dans notre création (nous étions 7 à cet atelier). Nous avons découvert l'orgue à parfum qui allait être notre bureau durant les trois prochaines heures : un atelier contenant plus de 120 flacons, chacun pourvu d'une senteur unique. Après une partie théorique, nous avons mis les mains dans le cambouis, et avons créé notre parfum en utilisant la pyramide olfactive, dont se servent tous les créateurs de parfum. Celle-ci définit trois types de notes distinctes : les notes de fond, qui forment la base du parfum et sont les plus tenaces ; les notes de coeur, qui sont en quelque sorte la carte d'identité de la création ; et enfin les notes de tête, de nature très volatiles et qui sont les premières à être senties. Chacun travaillait d'arrache-pied et s'affairait autour des flacons comme une abeille dans un champ de fleurs. Les uns espéraient dupliquer un parfum célèbre, les autres avaient envie d' une création inédite. Pendant tout l'atelier, "le nez" (c'est ainsi qu'on surnomme parfois le maître parfumeur) nous encourageait, nous offrait ses conseils, et évaluait notre création. Etait-on certain de vouloir mettre autant de note poivrée ? Le musc ne risquait-il pas de couvrir les autres fragrances ? Car oui, si vous croyez que développer un parfum est une chose aisée, vous seriez surpris de savoir à quel point ça ne l'est pas ! Obtenir un parfum est évidemment facile : tout le monde ressort au final avec sa création. Mais obtenir un parfum réussi, c'est-à-dire équilibré et subtil, est une autre paire de manche. En plus d'être une activité intéressante, la création de parfum offre deux avantages qui m'ont particulièrement plu : on en ressort avec son flacon, d'une part ; mais on ne perçoit plus les odeurs de la même manière, et on y prête beaucoup plus attention par la suite. Ce qui m'agace maintenant, ce sont tous ceux qui me demandent : « c'est quoi, ton parfum ? Je ne le connais pas ». Je crois que j'ai mauvais caractère. Je vous laisse le lien vers le site spécialiste de cette session pour créer son parfum à Grasse.

  • Les indépendantistes en prison

    « Ca va tout envenimer », s’exclame Dolores, Barcelonaise de 66 ans non indépendantiste, en apprenant jeudi ce qu’elle appelle « la mauvaise nouvelle »: huit ministres catalans indépendantistes envoyés en prison. Près d’une semaine après la proclamation d’une « République » catalane restée virtuelle, aussitôt suivie d’une mise sous tutelle de la région par Madrid, Dolores et son amie Nuria allaient réserver un voyage au Japon. L’annonce les a trouvées sur un banc, à deux pas de la célèbre place barcelonaise, la Plaça Catalunya. « Je n’ai jamais voté indépendantiste et je ne me sens représentée ni par le camp des pro, ni par celui des anti », dit Dolores, professeur à la retraite et électrice de gauche. « Mais ils n’ont rien fait de très, très grave – une proclamation d’indépendance… – ils n’ont jamais été violents car toutes les manifestations étaient pacifiques », dit-elle, « et quand on sait que beaucoup de ceux qui ont volé dans ce pays sont toujours libres, à commencer par ceux du PP (le parti du chef du gouvernement Mariano Rajoy, NDLR), mais aussi deux d’ici ». Elle demande à parler anonymement « dans ces circonstances »: une juge vient de placer en détention provisoire huit membres du gouvernement catalan déchu pour « sédition » et « rébellion » et pourrait émettre un mandat européen contre cinq autres, dont leur président destitué, Carles Puigdemont qui, depuis la Belgique, dénonce « un procès politique ». « Ca met en colère même quand tu ne votes pas en faveur de l’indépendance, parce qu’à chaque fois qu’une mesure disproportionnée est prise, cela ne fait qu’alimenter l’indépendantisme. Ou Rajoy ne s’en rend pas compte ou ça l’arrange pour recevoir plus de votes des autres régions, comme défenseur de l’unité de l’Espagne », suggère-t-elle. « Ca me fait mal, parce que je crois que la faute est partagée entre Madrid et Barcelone. La politique, c’est le dialogue et il n’y en pas eu », renchérit son amie Nuria, ex-fonctionnaire du ministère du Travail de 67 ans, non indépendantiste. Traversant la Place de Catalogne, un homme en costume marche à toute allure. Antonio Navarro, chef d’entreprise de 51 ans et l’un des rares passants à approuver la mesure de placement en détention. « C’est très bien et c’était à prévoir: ils ont enfreint la loi, désobéi aux tribunaux, utilisé des fonds publics pour leur projet illégal, fait une pantomime appelée référendum et proclamé une indépendance que la Constitution n’envisage pas », dit-il, sans s’arrêter de marcher. « Puigdemont aurait dû soutenir ses ministres mais il a cherché protection en Belgique: c’est un manque de respect et de responsabilité envers les siens », tranche-t-il. Mais la majorité des Barcelonais rencontrés, aussitôt la nouvelle annoncée, contestent la décision de la justice qu’ils n’estiment « pas indépendante » du pouvoir.