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  • Famine déclarée dans plusieurs zones du Soudan du Sud

    Le gouvernement sud-soudanais a annoncé lundi que la famine touchait pour la première fois plusieurs zones du Soudan du Sud, ravagé par la guerre depuis plus de trois ans, alors que près de la moitié de la population du pays nécessite une assistance alimentaire. Lundi, trois organisations de l'Onu (Unicef, FAO et PAM) ont annoncé que 4,9 millions de Sud-soudanais, soit 42 % de la population totale du pays, avaient besoin d'une aide alimentaire d'urgence. Quelque 100 000 d'entre eux, dans le nord du pays, souffrent de famine, le niveau le plus élevé d'insécurité alimentaire. « Les effets à long terme du conflit, couplés aux prix élevés de la nourriture, à la crise économique, à une production agricole réduite et à un accès réduit aux moyens de subsistance, ont pour conséquence que 4,9 millions de Sud-soudanais (sur un total de 11 millions d'habitants) sont désormais classés dans les trois niveaux supérieurs de l'échelle IPC, la famine étant le plus élevé », a déclaré à la presse Isaiah Chol Aruai, président du Bureau national des statistiques, se basant sur l'échelle IPC, le standard le plus utilisé pour classifier la sécurité alimentaire. Pour rappel, l'IPC distingue cinq phases possibles dans la situation alimentaire d'un pays, la cinquième étant la « catastrophe/famine ». Quand plus de 20 % de la population d'une région est en situation de « catastrophe », que le taux de mortalité est supérieur à deux personnes pour 10 000 par jour et qu'une malnutrition aiguë touche plus de 30 % de la population, l'état de famine est déclaré. « La plus grande tragédie du rapport publié aujourd'hui… c'est que le problème a été causé par l'homme », a pour sa part regretté Eugene Owusu, coordinateur des affaires humanitaires de l'Onu pour le Soudan du Sud. Indépendant depuis 2011, le Soudan du Sud a été plongé en décembre 2013 dans une guerre civile ayant fait des dizaines de milliers de morts et plus de 3 millions de déplacés, malgré le déploiement de quelque 12 000 Casques bleus. Plus de 20 millions de personnes, rappelle l'AFP, risquent de mourir de faim au cours des six prochains mois, soit d'ici l'été, dans quatre famines distinctes. Au Yémen et au Soudan du Sud, les conflits et l'effondrement de l'économie empêchent les habitants de se procurer les denrées disponibles. Dans le nord-est du Nigeria, où des millions de personnes ont fui les militants extrémistes de Boko Haram, les commerces et marchés ne suffisent plus à nourrir la population, qui dépend fortement d'un système d'aide d'urgence débordé. Et en Afrique de l'Est, notamment en Somalie, une sécheresse frappe sévèrement l'agriculture traditionnelle.