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Les sangs rongés

  • En Afrique du Sud

    C'est drôle, comme on change avec le temps. Il y a peu, par exemple, j'ai participé avec ma femme à un voyage de groupe à Cape Town en Afrique du Sud. Ce qui peut paraître plutôt anodin, mais en ce qui nous concerne, c'était bien la première fois que nous effectuions un voyage de ce genre ! Avant ça, il nous aurait même semblé impossible de pouvoir voyager autrement qu'à la dure, de notre côté. Nous étions par trop réfractaires au principe même du voyage de groupe. Et c'est un doux euphémisme ! Nous abominions cette façon de voyager. L'idée de se retrouver au milieu de parfaits inconnus pendant une semaine nous faisait penser à la fameuse conclusion du Huis clos de Sartre : « l'enfer, c'est les autres ». Et pourtant. Et pourtant, quand nous nous sommes demandés ce que seraient nos prochaines vacances, et quand nous avons remarqué la description de ce voyage de groupe, ça nous a instantanément rendus curieux. Et à force de creuser la question, nous avons fini par être de plus en plus tentés par l'aventure. Parce que le fait de devoir vivre en groupe était contrebalancé par un immense atout : ne plus perdre son temps à réserver chaque étape de l'itinéraire ! Et c'est ce qui nous a finalement poussés à signer. Il faut reconnaître que dans l'ensemble, dès lors qu'on voyage par soi-même, on n'est jamais complètement détendu. On se retrouve dans un endroit qu'on ne connaît pas, et cela génère souvent du stress. Cela occasionne bien sûr certaines soirées extraordinaires, mais cela ne compense pas, je pense, les nombreux moments d'angoisse. D'autant que même dans ces moments-là, on garde toujours à l'esprit qu'il va falloir assurer par la suite. Evidemment, cela permet de grandir : on se force à maîtriser son stress, à développer des solutions intelligentes face aux problèmes qu'on peut rencontrer. Il n'y a pas à dire : le voyage solo est extrêmement formateur. Néanmoins, au bout d'un moment, je pense qu'on est suffisamment formés, et on aimerait bien pouvoir jouir du moment sans stress. Et vous savez quoi ? Pour avoir essayé, c'est en effet très agréable. Je vous mets en lien ce voyage en Afrique du Sud, pour ceux qui, comme nous, en auraient marre de barouder...

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  • Le Bengladesh n'aime pas les Gays

    Deux militants gays ont été assassinés lundi à la machette à Dhaka, au Bangladesh.Deux militants gays ont été assassinés lundi à la machette à Dhaka, au Bangladesh. AFP PHOTO / Rehman Asad Les deux hommes, connus pour leur combat en faveur des droits des gays, ont été tués à la machette par des assaillants qui ont crié "Allah Akbar". Deux militant bangladais des droits des gays, dont l'un travaillait à l'ambassade américaine de Dacca, ont été tué lundi à coup de machette, après une série d'attaques contre des militants et professeurs laïques, ont indiqué des responsables. Six hommes sont entrés dans un appartement d'un immeuble de sept étages du quartier de Kalabagan et ont tué les deux personnes à coup de machette, a précisé à l'AFP le porte-parole de la police de Dacca, Maruf Hossain Sorder, précisant qu'une troisième personne avait été blessée. Les assaillants ont crié "Allah akbar" (Dieu est grand), selon des témoins interrogés par la chaîne locale Jamuna. La police n'a pas dévoilé l'identité des victimes, mais des organisations de défense des droits des homosexuels ont confirmé à l'AFP que l'une d'elles était Xulhaz Mannan, l'éditeur de Roopbaan, le seul magazine de la communauté gay et transgenre du Bangladesh. Xulhaz Mannan travaillait aussi à l'ambassade américaine de Dacca, a indiqué dans un communiqué l'ambassadrice Marcia Bernicat. L'autre victime, selon la même source, était Mahbub Tonoy, également militant gay et membre du comité exécutif de ce magazine, dont des journalistes ne dévoilent pas leur nom par crainte de représailles. La communauté homosexuelle du Bangladesh avait lancé en janvier 2014 ce premier magazine afin de promouvoir la tolérance envers les homosexuels dans un pays à majorité musulmane, très conservateur, où ils subissent de nombreuses discriminations. La même année, l'équipe de Roopbaan (nom d'un conte en bengali) avait organisé une première marche "arc-en-ciel" pour défier les préjugés envers les homosexuels. Mais cette année, la police avait interdit cette activité, invoquant des risques sécuritaires. Un membre de l'équipe de Roopbaan avait affirmé récemment à l'AFP avoir reçu des menaces d'islamistes. "Ils ont même créé un groupe en ligne pour nous menacer", avait-il affirmé sous couvert d'anonymat. Samedi, un professeur de 58 ans, Rezaul Karim Siddique, avait lui aussi été abattu à coups de machette peu après avoir quitté son domicile de Rajshahi, une ville du nord-ouest où il enseignait à l'université publique, quatrième professeur de cette université assassiné. Dans un communiqué diffusé à Dubaï, aux Emirats arabes unis, par l'agence Amaq, liée à l'organisation Etat islamique (EI), le groupe djihadiste avait revendiqué l'assassinat de M. Siddique, auteur de poèmes et de nouvelles, "pour avoir appelé à l'athéisme". Mais lundi, le ministre de l'Intérieur du Bangladesh Asaduzzaman Khan a nié tout lien de l'EI avec ce meurtre. "Des insurgés locaux mènent des attentats en instrumentalisant le nom de l'EI", a-t-il déclaré en qualifiant ces affaires de "meurtres isolés". Il a rejeté l'idée d'une dégradation de la sécurité dans ce pays du sous-continent indien qui a vu nombre de blogueurs et de professeurs assassinés ces dernières années. Les défenseurs de la laïcité accusent les islamistes d'avoir une liste noire de personnes à abattre et demandent au gouvernement de mieux protéger la liberté d'expression. Lundi, le bloggeur Imran Sarker, à l'origine en 2013 des plus grandes manifestations laïques contre des dirigeants islamistes, a affirmé avoir reçu des menaces de morts par téléphone dimanche. Mais pour lui, elles sont probablement dues à ses critiques de la répression gouvernementale contre l'opposition plutôt qu'à celles contre les islamistes. Les autorités du Bangladesh, un pays laïque, nient constamment que des groupes islamistes inspirés de l'étranger soient actifs sur leur territoire. Des analystes estiment de leur côté que la longue crise politique que traverse le pays a radicalisé l'opposition, et que les islamistes armés y sont un danger croissant.

  • Les mutants de Tchernobyl

    Le 26 avril 1986, le coeur du réacteur 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl entre en fusion. C'est la catastrophe nucléaire la plus grave du XXe siècle. Trente ans plus tard, la zone d'exclusion nucléaire entoure toujours un périmètre de 2600 km² autour de l'épicentre. Depuis, les animaux et végétaux contaminés, réels ou fantasmés, font parler. Mais si des sangliers allemands seraient toujours radioactifs et si la zone d'exclusion est depuis devenue un paradis des animaux, avec une population plus importante qu'avant l'accident, a-t-on pour autant affaire à des bêtes et plantes mutantes? Des "Xanimaux" avec des super-pouvoirs se sont-ils développés dans cet environnement étrange? Pas vraiment. Pour les grands mammifères, tels les ours ou les loups, dont la présence sur ces terres radioactives frappe le plus, ils semblent être en bonne santé. En tout cas, en meilleure santé que quand l'homme occupait la zone. Mais cela ne veut pas forcément dire que ces animaux ont muté pour s'adapter aux radiations. "Dans la zone d'exclusion, certains endroits sont très contaminés, d'autres non. Entre deux endroits, le taux peut être 40.000 fois plus faible", précise au HuffPost Anders Moller, chercheur au CNRS en Ecologie et qui étudie les environs de Tchernobyl depuis des années. La prolifération de nombreuses espèces est surtout à mettre au crédit de l'absence de l'homme dans toute cette zone. Si on veut chercher un possible mutant, il faut se détourner des fantasmes et regarder des organismes très petits, les bactéries. Le scientifique a réalisé il y a quelques années une étude sur des bactéries provenant de plumes d'hirondelles vivant près de Tchernobyl. Ils ont récolté des bactéries provenant de zones faiblement, moyennement et fortement irradiées, puis les ont laissées se développer en laboratoire, génération après génération. Après un temps suffisamment long, ils ont exposé ces bactéries à une source de radiation extrême. Si celles provenant d'une zone faiblement irradiée n'a logiquement pas survécu, les bactéries de la zone très irradiée non plus. Seule celle exposée à des niveaux intermédiaires a survécu. Pourquoi? Une des explications possibles, selon Anders Moller: "Il est dur de survivre pour les bactéries provenant de zones à radiations très élevées, car à chaque génération, elles meurent presque toutes. Alors qu'à des niveaux intermédiaires, les bactéries peuvent survivre en gardant leur mutation, donc après beaucoup de génération, on peut imaginer qu'elles accumulent des mutations bénéfiques pour ce milieu." Mais est-ce que ces mutations sont liées à la radioactivité de la zone? Impossible à affirmer, évidemment, mais "le taux de mutation à Tchernobyl a été multiplié par 30. Il y a beaucoup de mutants, mais la plupart meurent et ne transmettent pas leur gène différent à la descendance", explique le chercheur. Car l'écrasante majorité des mutations, qu'elles soient naturelles ou non (l'évolution est justement basée sur des mutations aléatoires), ont des effets négatifs. Ainsi, dans une étude de 1997 cosignée par Anders Moller, les scientifiques avaient trouvé une forte proportion d'hirondelles albinos. Un signe distinctif très rare, car "l'albinisme les rend plus visibles aux yeux des prédateurs et les mâles ont moins de succès auprès des femelles", notait alors la revue La Recherche. Et justement, la population d'hirondelles dans la zone fortement contaminée de Tchernobyl était en forte baisse depuis 5 ans: moins 74%. Dans le même ordre d'idées, une récente étude (à laquelle a participé Anders Moller) affirme que les campagnols sur les sites hautement contaminés sont bien plus souvent atteints de cataractes (une maladie rendant aveugle). Et même dans les rares cas ou une mutation pourrait, par hasard, être bénéfique à l'espèce, il faut du temps pour que celle-ci se transmette à la descendance puis s'impose à toute l'espèce. De très, très nombreuses générations. C'est pour cela que les bactéries sont particulièrement intéressantes à analyser. De même que les plantes. Anders Moller a également étudié des espèces de plantes présentes à Tchernobyl et à Fukushima, où la catastrophe nucléaire a eu lieu il y a 5 ans. Les scientifiques ont relevé qu'il y avait plus de pollens morts dans la zone près du site japonais plutôt qu'en Ukraine. On peut imaginer que, comme pour les bactéries, les plantes se sont adaptées. Une autre étude d'Anders Moller a beaucoup fait parler. En 2014, il publie les résultats de l'analyse de 152 oiseaux capturés dans les zones à forte radioactivité. Et le résultat est contre-intuitif: "Les oiseaux qui vivent dans les zones les plus radioactives autour de Tchernobyl sont en meilleure santé que les individus capturés dans les zones moins atteintes", affirme-t-il à Science et Avenir. Plus exactement, les volatiles ont de meilleurs niveaux d'antioxydants. Le chercheur évoquait alors l'hypothèse "soit d’une adaptation aux conditions environnementales au fil des générations, soit d’une forte sélection naturelle qui a éliminé les individus les plus faibles." Mais cela reste un cas rarissime et la quasi-totalité des rares études sur les mutations de ces petits animaux, à l'instar de celles sur les campagnols et les hirondelles, sont en général négatives. Cerveau plus petit et autres tumeurs ne sont en effet pas le genre de pouvoirs mutants que l'on souhaite à quiconque.